C'est la vie affiche
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C'est la vie

Derrière une affiche chorale un peu kitsch se cache une bonne surprise : une comédie subtile et burlesque sur le fait de devenir parent qui lorgne du côté de Love actually. A travers cinq accouchements adroitement enchevêtrés, Julien Rambaldi (Bienvenue à Marly- Gaumont) nous fait vivre la dernière journée d’une sage- femme dans une maternité. Les dialogues sont bien écrits, les situations originales. On se marre franchement avec le couple Léa Drucker- Youssef Hadji, elle en patronne obsédée par le travail et lui, en mari dévoué.

Sophie Benamon
AFFICHE
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Milla

Une ado atteinte d’un cancer en phase terminale rencontre par hasard sur un quai de gare un jeune marginal à peine plus âgé qu’elle avec qui elle va vivre sa première grande histoire d’amour appelée à être la dernière… Décrit ainsi, le pitch du premier film de l’australienne Shannon Murphy peut faire redouter un torrent lacrymal incontrôlable et vite insupportable, dans tous les sens du terme. Précisément tout ce que n’est pas Milla ! Tant on se situe ici à mille lieux de Nos étoiles contraires et autres Everything, everything.

Thierry Chèze
Affiche la Loi de Téhéran
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La loi de Téhéran

Just 6.5, le titre international de La Loi de Téhéran, désigne les 6,5 millions de consommateurs de crack que compte aujourd’hui l’Iran, où l’addiction aux « cailloux » semble devenir de plus en plus massive chaque jour. Un fléau qui s’accompagne d’une spécificité juridique locale : que vous en déteniez 30 grammes ou 30 kilos, la sentence sera la même : la peine de mort. Ce qui explique que, quitte à tout perdre, certains trafiquants préfèrent jouer gros… Voilà pour le contexte documentaire, qui forme l’arrière-plan de ce deuxième long-métrage de Saeed Roustaee, 32 ans.

Frédéric Foubert
AFFICHE
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True mothers

Il faut l’admettre. Malgré ses très longues 2h20 et ses sempiternels plans de nature qui reviennent régulièrement comme pour rappeler un copyright, on s’ennuie ici moins qu’à l’accoutumée devant un Naomi Kawase. Et ce grâce à son sujet. L’histoire d’un couple souffrant d’infertilité qui voit, six ans après, redébouler dans leur vie celle qui se prétend la mère biologique de leur enfant et cherche à leur extorquer de l’argent.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Profession du père

Lors de la présentation à Angoulême de cette adaptation de Sorj Chalandon, on pouvait entendre l’émotion de Jean- Pierre Améris et de son producteur Olivier Delbosc, évoquant combien ce récit de l’enfance de l’auteur avait trouvé un écho en eux. Une enfance dans les années 60, abîmée par la folie d’un père paranoïaque et rythmée par les coups. Mais on ne retrouve pas hélas à l’écran la puissance pure du geste d’écrivain de Chalandon.

Thierry Chèze
GALERIE
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Les Voleurs de chevaux

Le kazakh Yerlan Nurmukhambetov et la japonaise Lisa Takeba ont uni leurs efforts pour signer ce néo-western qui prend pour décor les contreforts de la chaîne montagneuse du Tian Shan, frontière naturelle entre cinq états d’Asie Centrale. Après l’assassinat de son père, le jeune Olzhas y suit sa mère, déterminée à déménager pour entamer une nouvelle vie. Ils sont aidés par un inconnu taiseux aux intentions vite affichées...

Christophe Narbonne
GALERIE
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Les Sorcières de l'Orient

Spécialiste du documentaire sur les sportifs (on se souvient de son L’Empire de la perfection sur John McEnroe), Julien Faraut s’intéresse à une dream team des années 60, l’équipe de volley- ball japonaise féminine qui, de 1960 à 1966, a totalisé 258 victoires d’affilée ! Leur histoire est hors normes et ce documentaire aussi. Faraut y entremêle avec une fluidité exquise images d’archives, témoignages de ces désormais octogénaires et mangas animés.

Thierry Chèze
GALERIE
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L'Indomptable feu du printemps

A 80 ans, une habitante d’un petit village du Lesotho commence à organiser son propre enterrement au moment où les autorités locales entreprennent de construire un réservoir qui va noyer sous l’eau le cimetière sacré. Le troisième long de Lemohang Jeremiah Mosese raconte son combat pour sauver l’héritage spirituel de sa communauté, en ambitionnant de marier approche documentaire de la situation et imagerie légendaire et poétique d’un conte.

Thierry Chèze
AFFICHE
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The Sparks Brothers

Si vous n’avez jamais entendu parler des Sparks (à qui l’on doit aussi la BO d’Annette), Edgar Wright a trouvé la formule parfaite pour vous les présenter : c’est « le groupe préféré de votre groupe préféré ». Des musiciens pour musiciens, les idoles de Beck ou de Franz Ferdinand… Un groupe à la fois majeur et condamné pour l’éternité à une certaine confidentialité.

Frédéric Foubert
AFFICHE
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Old

Dans la carrière d'un auteur hollywoodien, il y aurait d'un côté des "films" -des œuvres d'auteur qui donnent à voir et à réfléchir- et de l'autre des "movies" -des divertissements apparemment moins personnels et plus commerciaux. On emprunte cette distinction à l'oeuvre de David Fincher : d'un côté The Social Network et de l'autre The Game, en gros. Aucun des deux n'est moins un Fincher que l'autre ; aucun des deux n'est forcément meilleur que l'autre ; mais vous conviendrez que la visée n'est pas la même.

Sylvestre Picard
Affiche_Space Jam - nouvelle ère
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Space Jam- nouvelle ère

« Ne le faîtes pas, c’est voué à l’échec ». Ainsi s’exprimait dans les colonnes d’Hollywood Reporter le réalisateur du premier Space Jam, Joe Pytka au sujet de la suite, assurant que LeBron James n’avait pas les épaules pour succéder à Michael Jordan. Côté box- office, au vu du démarrage outre- Atlantique de Space Jam- nouvelle ère, il semble s’être planté dans les grandes largeurs. Mais côté « artistique », difficile de lui donner tort après 14 ans d’une longue, très longue gestation.

Thierry Chèze
Affiche Kaamelott premier volet
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Kaamelott : premier volet

L’an dernier, en rencontrant Alexandre Astier, Première lui posait une question cruciale : "est-ce qu’un public qui ne connaît pas du tout les six saisons de Kaamelott va pouvoir s’amuser devant le film ?" Le réalisateur répondait ainsi : "Je pense qu’il est visible par tout le monde, oui, j’ai même fait gaffe à ce qu’il le soit.

Sylvestre Picard
AFFICHE
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La Conspiration des belettes

Voilà 12 ans et son Oscar du film étranger pour Dans ses yeux qu’on était sans nouvelle de Juan José Campanella qui a entre-temps surtout œuvré comme réalisateur de série. Son retour se fait sous la double influence affichée de Boulevard du Crépuscule et d’Arsenic et vieilles dentelles à travers l’histoire de quatre amis (une ex- star de cinéma, son mari, un réalisateur et un scénariste) vivant dans une même grande maison qu’un jeune couple sans scrupules va tenter par tous les moyens de récupérer.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Louxor

Louxor est un film qui ne se donne pas facilement. Un portrait de femme façon puzzle dont on découvrira au final que pas mal de pièces ont volontairement été cachées. Son héroïne s’appelle Hana. Médecin britannique, elle travaille dans l’humanitaire, arrive seule à Louxor, une ville qu’elle semble connaître comme sa poche mais dans laquelle elle erre comme pour se reconstruire et où elle va croiser un homme qu’elle a aimé. Son passé ? Ce qui la hante ? Ce qui la mine ? On ne le saura vraiment jamais.

Thierry Chèze
Affiche_Digger
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Digger

Nikita vit en solitaire au cœur de la forêt, luttant comme il peut contre les compagnies minières qui, gagnant jour après jour du terrain, s’apprêtent à ne faire qu’une bouchée de lui. Les emmerdes volant généralement en escadrille, il voit aussi débarquer son fils qui, après 20 ans d’absence, vient lui réclamer sa part du terrain que sa mère décédée lui a donnée en héritage. La promesse donc d’un affrontement de générations, façon duel de western au cœur d’une nature luxuriante. Mais une promesse non tenue.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Sweet thing

On avait découvert Alexandre Rockwell et son goût pour les personnages bancals en 1992 grâce à In the soup avec le regretté Seymour Cassel. Dans la foulée, il y eut Somebody to love, un sketch de Groom Service, Louis & Frank et puis… plus de nouvelles de ce côté- ci de l’Atlantique où aucun de ses films suivants n’ont été distribués. On accueille donc Sweet thing comme le retour d’un cinéaste qui n’a jamais vraiment tenu les espoirs placés en lui. Et ces retrouvailles ne manquent pas d’éclat.

Thierry Chèze
Onoda affiche
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Onoda- 10 000 nuits dans la jungle

A celles et ceux qui verraient le cinéma français indécrottablement tourné vers son petit nombril, des signaux viennent parfois ouvrir des horizons. En 2016, Arthur Harari signait ainsi avec Diamant noir un thriller tendu dans le milieu des diamantaires à Anvers. Le cinéaste va ici plus loin. En l’occurrence, sur une île du Pacifique en 1944, remontant le fil d’une aventure hors norme, jusqu’en 1974.

Thomas Baurez
AFFICHE_BLOODY MILKSHAKE
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Bloody Milkshake

La petite Sam a 8 ans quand sa mère Scarlet, tueuse à gages, se voit contrainte de l’abandonner pour la protéger. Suivant ses traces, elle va elle- même devenir une experte dans ce domaine jusqu’à ce qu’elle retrouve face à un dilemme : rester loyale à son employeur, La Firme, ou sauver la vie d’une… petite fille de 8 ans. Son choix de privilégier la deuxième option va alors l’entraîner dans une cavale où elle va voir ressurgir sa mère et recevoir l’aide de ses anciennes associées pour s’en sortir vivantes.

Thierry Chèze
Bonne mère - affiche
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Bonne mère

Ce devait son tout premier long, inspiré par sa maman. Et puis la lenteur du financement l’avait poussé à se lancer dans Tu mérites un amour, pour combler son besoin impérieux de filmer. Bonne mère est donc le deuxième long d’Hafsia Herzi et l’expérience emmagasinée a d’évidence nourri ce projet. Car Hafsia Herzi- réalisatrice monte d’un cran à partir d’un scénario plus carré que Tu mérites un amour mais toujours traversé par ce qui fait sa force : sa capacité à laisser la vie envahir l’écran comme si sa caméra n’existait pas pour ses comédiens (tous insensés).

Thierry Chèze
Affiche_A l'abordage
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A l'abordage

C’est avec le moyen métrage, Un monde sans femmes en 2011 que s’imposait sur grand écran Guillaume Brac en utilisant des motifs (le bord de mer, les vacances, les rencontres amoureuses...) qui le plaçaient d’emblée sur un territoire bien spécifique du cinéma d’auteur français dont Jacques Rozier et Eric Rohmer seraient les totems. A l’abordage séduit immédiatement par sa fraîcheur. Pas de name dropping ici, que des nouvelles têtes (toutes issues du Conservatoire). Dans un cinéma français ultra cartographié, les terres vierges sont trop peu nombreuses.

Thomas Baurez
Spirale nouvelle affiche
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Spirale : l'héritage de Saw

Il y a plusieurs mois, les fans de la franchise torture porn imaginée par James Wan et Leigh Whannell furent un peu surpris quand ils découvrirent que Chris Rock allait développer un spin-off de la série. Depuis des années, Saw semblait aux abois, et qu’un comique reprenne le flambeau n’était pas forcément fait pour rassurer. En même temps, qu’est-ce qui définit mieux la série que les plot-twists ?

Gael Golhen
Titane affiche
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Titane

Cinq ans après Grave et son buzz planétaire débuté à la Semaine de la Critique au nez et à la barbe de la sélection officielle, Julia Ducournau vise désormais la Palme. Cela ne veut pas dire qu’elle a rhabillé pour autant son cinéma de beaux atours propres à séduire un public déguisé pour l’occasion. On le sait, sur la croisette, les irruptions fantastiques clivent plus qu’elles ne rassemblent.

Thomas Baurez
Fast & Furious 9 affiche française
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Fast & Furious 9

On l'attendait beaucoup, sans aucune ironie ni mesquinerie. Quoi de mal, après plus d'un an de pandémie à s'exciter à l'idée de s'installer dans un grand cinéma avec tout le pop corn que nous permettent les règles sanitaires pour voir la bande à Baboulinet ravager la planète en voitures tunées ? Au début, on est presque satisfaits : Fast & Furious 9 s'ouvre sur une séquence flash-back de course de stock car, shootée avec Le Mans 66 en guise de référence visuelle. De vraies tôles, de vraies flammes, un vrai feeling de cinéma charnel, physique (et métallique).

Sylvestre Picard
Bergman Island
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Bergman Island

Un couple de cinéastes, Chris et Tony (Tim Roth, dans un registre dépouillé où il excelle) qui s’installe pour écrire sur l’île de Fårö, où vécut Bergman… Avec son film le plus autobiographique, Mia Hansen-Løve n’a pas eu peur des obstacles : traiter d’un sujet possiblement excluant (on connaît la difficulté des films sur le cinéma à trouver leur public) ou se confronter au maestro suédois. Pourtant rien de tout cela et encore moins les aléas d’une production agitée (lire page XX) ne transparaît à l’écran.

Thierry Chèze
Désigné coupable (2021)
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Désigné coupable

Parce qu’il a reçu sur son portable un appel d’un cousin (l’un des organisateurs du 11 Septembre), un jeune mauritanien est enlevé par le FBI, torturé et emprisonné à Guantanamo sans inculpation ni procès. Lorsque l’Etat américain décide de l’envoyer sur la chaise électrique, une avocate chevronnée, Nancy Hollander, choisit de prendre sa défense en main. Inspiré de l’histoire vraie de Mohamedou Ould Slahi, Désigné coupable est un thriller juridique à l’ancienne qui rappelle tous les classiques du genre.

Gael Golhen
Affiche_Journal de Tûoa
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Journal de Tûoa

Vingt-deux jours à rebours dans la vie d’un film, où la fiction s’étiole peu à peu pour laisser entrer le réel du tournage. En temps de pandémie de Covid-19 (nous sommes ici à l’été 2020), les questions sanitaires se posent. Ainsi à mi-film, ce sont les masques posés sur le visage des techniciens qui viennent nous rappeler qu’en ces temps troubles, faire du cinéma, c’est aussi ça. Les cinéastes, Miguel Gomes et Maureen Fazendeiro, sont vaguement là, laissant souvent les clefs du film à ses trois interprètes dubitatifs.

Thomas Baurez
AFFICHE
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Ainbo, princesse d'Amazonie

Devenu sujet à la mode, l'écologie sert de plus en plus souvent d'alibi de film en manque de consistance. Tout le contraire de ce long métrage d'animation inspiré à son co- réalisateur José Zelada par sa propre enfance au coeur de l'Amazonie. Que la défense du poumon de la Terre menacé depuis des années par le réchauffement climatique et la déforestation se retrouve au coeur de ce récit riche en péripéties n'a donc rien d'artificiel.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Helmut Newton, l'effronté

La vie et l'oeuvre du célèbre photographe Helmut Newton, disparu en 2004, voici ce que propose ce documentaire qui a hélas tendance à succomber dans tous les pièges du genre, à l'image du récent Pierre Cardin réalisé par P. David Ebersole et Todd Hughes. A commencer par un penchant naturel pour une hagiographie qui forcément n'embrasse qu'une partie de l'homme et de l'artiste.

Thierry Chèze
Affiche L'oubli que nous serons
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L'oubli que nous serons

Fernando Trueba (Belle époque) porte à l'écran son livre de chevet, le portrait - écrit par son fils comme une lettre d'amour - du docteur Héctor Abad Gomez. Un père de famille adoré de ses six enfants et un héros du quotidien colombien, médecin humaniste et engagé qui, faisant fi des menaces pesant sur lui dans la ville de Medellín, gangrénée par la violence des politiques et des narco-trafiquants dans les années 70 et 80, n'a jamais faibli dans sa lutte contre la misère.

Thierry Chèze
Affiche L'oubli que nous serons
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L'oubli que nous serons

Fernando Trueba (Belle époque) porte à l'écran son livre de chevet, le portrait - écrit par son fils comme une lettre d'amour - du docteur Héctor Abad Gomez. Un père de famille adoré de ses six enfants et un héros du quotidien colombien, médecin humaniste et engagé qui, faisant fi des menaces pesant sur lui dans la ville de Medellín, gangrénée par la violence des politiques et des narco-trafiquants dans les années 70 et 80, n'a jamais faibli dans sa lutte contre la misère.

Thierry Chèze