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Le très beau film de Claude Barras remporte la compétition haut la main.

Chaque année Annecy siffle le début des vacances. Il flotte un parfum estival sur la ville et à notre connaissance aucun festival n'est aussi cool, décontracté et bon enfant que ces rencontres qui secouent la belle cité lacustre. On a pu ainsi croiser Guillermo Del Toro dans les rues qui, après sa masterclasse parfaite, twittait ses boutiques de comics préférées ; on a découvert un bijou du génial et trop méconnu Jean-François Laguionie (Louise en hiver) et mieux : touristes, badauds et journalistes purent voir les succès de l'été en avant-première (L'Age de Glace 5 et Comme des bêtes).

Mais bon, Annecy, c'est aussi une compétition qui cette année avait une sacrée gueule. Pourtant, il va falloir s'y faire : rien ne résiste à la Courgette.
C'est un triomphe absolu. Après avoir cartonné à Cannes (à la Quinzaine des réalisateurs) Ma vie de Courgette remporte deux prix - le prix du public et le Cristal du long-métrage - qui viennent sanctionner la beauté atypique de ce conte signé Claude Barras. Adapté d'un roman de Gilles Paris, le film est un vrai dessin animé pour enfants qui allie les mots et l'univers de Celine Sciamma (la scénariste) à l’univers plastique et graphique de Barras pour raconter une histoire terrible et édifiante. Courgette, c'est Icare, un gamin qui débarque dans un foyer. Sa mère alcoolique est morte (sublime scènes d'ouverture qui montrent le parcours de cette maman brisée et de ce garçon rêveur) et il va devoir traverser une somme d'épreuves (les flics, le deuil, les éducateurs) armé de son seul courage... C'est grave, parfois dur, mais vu à hauteur d'enfant et les personnages ronds, aux yeux immenses, animé image par image confèrent une douceur inattendue. Ce côté bricolé, "home made", transcende fabuleusement la dureté du propos pour nous emmener dans un mélange de rêverie et de réalisme ouateux. Très beau et le succès fut très mérité.

Même si par sa poésie et son sujet, le film de Barras a écrasé la concurrence, la compétition était donc d'une sacrée tenue. La Jeune fille sans main, adaptation lumineuse d'un conte noir de Grimm par Sebastien Laudenbach est d'une richesse inouie. Trait sûr, vision fantastique : le film repart avec la mention du jury. On pourrait citer des chouchous à foison (Window Horses !) qui sont repartis bredouilles, mais on se contentera de lister le palmarès et de prendre rendez-vous pour l'année prochaine.

Longs métrages

Prix du public : Ma vie de Courgette de Claude Barras

Mention du jury : La Jeune Fille sans mains de Sébastien Laudenbach 

Cristal du long métrage : Ma vie de Courgette de Claude Barras

 

Courts métrages

Prix du public : Peripheria de David Coquard-Dassault

Mention du jury : Moms on Fire de Joanna Rytel

Prix "Jean-Luc Xiberras" de la première œuvre : 'n Gewone blou Maandagoggend de Naomi Van Niekerk

Prix du jury : Vaysha l'aveugle de Theodore Ushev

Cristal du court métrage : Une tête disparaît de Franck Dion