Le cri du cœur du réalisateur d'American Fiction aux Oscars
Abaca

Cord Jefferson assure que "le prochain Martin Scorsese est là. Le prochain Chris Nolan aussi. Si on leur en donne la chance."

Cord Jefferson a reçu cette nuit l'Oscar du meilleur scénario adapté pour American Fiction, qui vient d'arriver sur Prime Video, et qui est tiré  du livre Effacement, de Percival Everett. Un film porté par Jeffrey Wright qui aurait mérité davantage de promotion en France, tant il adapte de façon maligne ce roman engagé. L'acteur américain y est excellent dans la peau d'un écrivain noir, qui craque à force de voir son travail si peu reconnu et qui décide d'écrire un livre bourré de clichés pour se défouler. Cette mauvaise blague va se retourner contre lui quand l'ouvrage commence à avoir un succès inattendu.

Après avoir remercié l'Académie des Oscars, Cord Jefferson, dont c'est le premier film, a avoué avoir lui aussi été longtemps un artiste énervé, et il a profité de cette récompense pour demander haut et fort aux producteurs hollywoodiens de défendre les films indépendants ou les œuvres du milieu, qui ne sont ni fauchées, ni des blockbusters.

Que vaut American Fiction, le film oscarisable arrivé par surprise sur Prime Video ? [critique]

"J'avais peur que mon film soit vindicatif, car je l'ai moi-même été par le passé, a-t-il dit sur scène, se dépêchant de faire passer son message. Mais je ne le suis plus. J'ai travaillé dur sur moi-même pour ne plus être cette personne vindicative. A présent, j'ai appris à appliquer ce en quoi je crois : reconnaître qu'il y a beaucoup de gens comme moi dans le monde qui aimeraient avoir ce même genre d'opportunité. (le public applaudit) S'il vous plait, je n'ai que six secondes de discours...

Je comprends que ce soit une industrie risquée, mais vous savez, produire des films à 200 millions de dollars, ça aussi c'est un risque. Cela ne marche pas toujours, mais ce risque est pris. Alors plutôt que de faire un film à 200 millions de dollars, essayez d'en faire dix à 20 millions ? Ou alors cinquante à 4 millions ? Il y a tellement de gens qui aimeraient ça. J'ai tellement apprécié le fait de pouvoir faire ce film, je rêve de voir d'autres gens expérimenter cela. Le prochain Martin Scorsese est là. Le prochain Christopher Nolan, aussi. Je vous le promets : ils veulent juste avoir une chance. Et on peut leur offrir ça. Cet Oscar change ma vie. Merci à tous ceux qui ont participé à ce film. Merci à tous ceux qui ont fait confiance à ce quadra noir et sans expérience dans le cinéma. Je vous aime, merci."

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